
1-0 (Emander)
A onze contre dix pendant plus d'une heure, Toulouse a fini par avoir raison de Lyon (1-0) en match avancé de la 2e journée de Ligue 1. Une victoire obtenue dans la douleur mais qui fait du bien aux Toulousains, à quelques jours du choc en tour préliminaire de Ligue des Champions face à Liverpool.
Même les meilleures mécaniques peuvent connaître un petit coup de bambou. Réglé comme une horloge ces six dernières années, l'Olympique Lyonnais vient de connaître un coup d'arrêt à Toulouse (1-0), son premier de la saison et surtout un "stop" bien précoce alors que sa démonstration le week-end dernier face à Auxerre présageait, une fois encore, d'un très probable one man show en championnat. Les Gones auraient-ils sous-estimé une bête blessée, en l'occurrence Toulouse, giflée par Valenciennes la semaine dernière (3-1) et peu à l'aise dans ses nouveaux souliers d'équipe d'envergure européenne ? Pis, l'OL aurait-il oublié que ce même TFC l'avait déjà mis au pas dès les premières gelées de l'hiver l'an passé (2-0) ?
Non. Si l'OL a bel et bien souffert dans les dix premières minutes de la partie, il le doit en partie à une refonte tactique, un 4-2-3-1 avec Bodmer, enfin titulaire sous le maillot lyonnais, en défense centrale. Un choix peu propice à l'élégance et à la fantaisie. Et ce malgré les arabesques de Kader Keita sur son flanc droit. Une fois l'orage toulousain passé, Lyon a pu poser le pied sur le ballon et afficher l'insolente maîtrise technique qu'on lui connaît. Une tête hors-jeu de Benzema sur le poteau (21e), un coup franc direct de Juninho repoussé par les gants de Douchez (19e), les spectateurs du Stadium, peu rassurés par la discrète prestation de Gignac côté droit et le manque d'agressivité en pointe d'Elmander, commencent à entrevoir les prémices d'un but lyonnais.
Il n'en est rien. Toulouse, pourtant à l'agonie sur certaines phases de jeu, voit le destin lui sourire un peu. Il était temps. Govou, victime d'une contracture à la cuisse, doit céder sa place à Belhadj. Un choix surprenant, Ben Arfa semblant enfin disposer à prendre ses responsabilités côté gauche, mais finalement tout à fait judicieux. Victime dans les airs d'un coup de coude de Dieuze, Källström ne peut contrôler ses nerfs. Le quatrième arbitre en prend pour son grade, le Suédois également, vite renvoyé maugréer son mécontentement dans les vestiaires (33e).
Deux blessés, un exclu et un heureux
Le banc lyonnais fulmine. Il le peut. La seconde période ne fait pas du bien aux Gones et la décision d'Olivier Thual non plus. Pour ne rien arranger, Kader Keita, auteur d'un vilain geste sur Sissoko (53e) manque lui aussi de sortir du terrain. C'est finalement Cris, touché lors d'un violent choc avec Elmander, qui rejoint Govou et Källström hors de la pelouse (60e). D'ordinaire si juste, le jeu rhodanien se perd en imprécisions tandis que celui de Toulouse s'enhardit. Désormais attendus dans la cour des grands du championnat, les protégés d'Elie Baup profitent de la désorganisation adverse pour retrouver leur superbe de la saison dernière.
Mais, peu habitués dans cette partie à être aussi dominateurs, les Violets s'emballent, s'exposent également et manquent surtout d'offrir l'ouverture du score à Kader Keita (65e). Là encore, le poteau droit de Douchez leur vient en aide. Rarement aussi mal à l'aise, Lyon va finir par craquer. Pas sur une tête de Cetto sur la barre rhodanienne (55e). Ni sur un raid d'Ebondo, ponctué par une frappe dans la niche de Vercoutre (74e). Et encore moins sur un incroyable raté de Sirieix seul face au but vide (84e). Non, le mérite revient au bourreau des Lyonnais lors de leur dernière visite au Stadium. Elmander, puisque c'est lui le principal intéressé, profite d'un numéro de tricot d'Emana dans la surface pour battre d'un petit extérieur un Vercoutre peu clair sur sa sortie (90e, 1-0).
Logique ouverture du score toulousaine, dure réalité pour des Lyonnais tout proches d'encaisser un deuxième but. Finalement, Emana tout proche de récompenser un superbe travail d'Elmander, voit son tir heurter le montant droit de Vercoutre (90e). La chance finit toujours par tourner, une réalité que ne renieront ni les vainqueurs ni les vaincus du jour. Lyon, piégé par un arbitrage sévère, va devoir vite panser ses plaies pour effacer cet écueil. Quant à Toulouse, décevant outsider sur la pelouse de Valenciennes, ce dernier a prouvé sa capacité à rebondir. Liverpool, prochain invité au Stadium pour le compte du tour préliminaire de la Ligue des Champions, est prévenu : les Violets, loin d'être tout à fait guéris, ne sont néanmoins pas encore morts.
LA DECLA : Jean-Michel Aulas (Olympique Lyonnais)
"La déception est grande de voir que tout le monde est excité par une défaite de l'Olympique Lyonnais qui est injuste. Alors je comprends que cela soit un spectacle, qu'il puisse y avoir du suspense, mais que l'on ne nous expulse pas un de nos meilleurs joueurs. Il y avait faute pour Källström, cela se traduit par une faute contre nous avec une expulsion qui, encore une fois, est injuste. C'est l'interprétation de l'arbitre qui fausse le spectacle et quand on veut que le spectacle soit au rendez-vous, il ne faut pas prendre des décisions qui vont en sens contraire de l'intérêt du spectacle. Et ce soir le match a été bousillé par une faute d'arbitrage, et j'en suis désolé".
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